Burnout: j'ai refusé les antidépresseurs
Description de l'article de blog : le burnout n'est pas une dépression comme les autres. Il vient insidieusement par les standards à la mode en ce moment, les injonctions toxiques, les voix extérieures qui créent une narration interne délétère pour soi. Jusqu'à ce que le corps t'arrête et t'oblige à revenir à l'essentiel...
BIEN-ÊTRE
Yziya
10/1/20264 min temps de lecture


Burn-out
J'ai refusé les antidépresseurs !
Au début, je n'ai pas compris pourquoi mon médecin voulait m'en prescrire !
Certes, je suis sensible, beaucoup de choses me touchent mais quand même... Je n'en n'étais pas à ce point-là, non ?
Et puis, au fil du temps, j'ai dû reconnaître que ça n'allait pas. Ça a été long et douloureux: RECONNAITRE !
Mais les antidépresseurs, j'en avais pris ado, après une agression. J'avais fini par les arrêter parce que ça me fichait dans un sacré brouillard et que je n'avais plus le contrôle de moi-même ! ( Je ne suis pas médecin, je partage juste mon expérience: pour certaines personnes ils sont nécessaires, pour d'autres peut-être pas... Ça, ce n'est pas à moi de le dire...)
Je les ai refusé car je n'étais pas dépressive ! Je faisais un burnout et c'est pas du tout pareil !
De base, j'ai été transportée dans le monde de l'art sans l'avoir prévu, sans y être préparée. J'étais juste dans l'expérimentation et , sans me la péter, j'ai eu beaucoup de succès au début. Alors, je suis devenue artiste peintre professionnelle. Et qui dit artiste professionnelle dit tout un tas de trucs qui s'ajoutent à "juste peindre"!
Alors j'ai appris. Beaucoup, beaucoup. Et je me suis perdue. Alors que de base je voulais juste raconter des histoires et donner une image à celles-ci.
Bref...
Ce que j'ai compris, ce n'est pas tant tout ce que je faisais qui m'a épuisée, mais c'est aussi toutes les histoires que je me racontais autour.
Je suis le genre de personne pour qui la pression et les objectifs chiffrés me foutent dans une sacrée tourmente ! Si je ne les atteins pas, je me sens comme une grosse merde!
C'est valable pour tout : si je me dis " je dois perdre 20 kilos en 1 an" et que la première semaine je n'ai rien perdu, je suis en échec total et je lâche tout. En revanche ,si je me dis " je fais du sport pour me sentir tonique et être bien avec mon corps" à chaque séance je réussis. Je continue.
C'est ça, avoir une raison qui résonne, un engagement simple envers soi-même, loin des performances et de la productivité toxique. Parce que j'ai trop écouté les autres, ce sont ces histoires-là, ces règles impossibles, qui m'ont fait péter un câble . Vivre dans un état d'échec permanent, ce n'est pas tenable!
Ce burnout m'a forcée à ralentir, à respirer. A revenir aux petits rituels ordinaires, aux marches dans la nature, à l'ennui aussi...
Mais surtout...
à replonger dans mes carnets , juste pour le plaisir de créer quand personne ne regarde et surtout m'en foutre du résultat !


Alors oui, artiste= entrepreneur(se)!
Mais attention: nous ne sommes pas câblés comme n'importe quelle entreprise.
Nous sommes utiles mais pas utilitaires!
La valorisation de la surconsommation ( produits ou images...), de choses qui ne demandent pas autant de temps que ce que nous créons... Comment vouloir appliquer les mêmes méthodes ?
La nouvelle série d'œuvres que je prépare m'a demandé 4 mois pour émerger. 4 mois de recherches, d'introspections, d'expérimentations, de loupés, de retour en arrière, d'abandons et donc de décisions !
Alors à toutes ces injonctions de "produire" = FUCK !
Et j'assume même de dire : je ne produis pas, je crée !


A mon sens, le burnout vient de cette charge mentale universelle. Peu importe ce que l'on fait de sa vie. Ce sont les petites phrases insidieuses, ces standards pop-culturels bien à la mode en ce moment:
" Tu ne fais pas 10K par mois? ": T'es nulle!
" Tu n'as pas réussi dans tous les domaines ? " : T'es une sous-merde!
"Sois un parent parfait sinon t'as tout raté ! "
"Ah merde, t'es pas parent ? Koooaaa ? vite vite, l'horloge tourne !"
"Sois passionné, sportif, gagne super bien ta vie, aie un couple merveilleux" ( t'es pas en couple ? Ouch, c'est pas bien ça !)
" Travaille sur toi en permanence , parce que comme ça, t'es trop pourri !"
( enfin, t'sais le truc: sois la meilleure version de toi-même... ) Et ma main dans ta g... ? Déso, je digresse !
C'est tout ça qui plonge dans les abîmes... Se sentir comme une grosse merde parce qu'on ne coche pas toutes les ( leurs petites) cases. Ce n'est pas tant ce que tu fais ou pas, qui te rends exsangue, c'est tout le drama SF que tu te racontes autour ! Porté par des voix extérieures...
Parce que ces règles-là sont dictées par une société qui ne va pas super bien dans sa peau .
Alors si on s'évertue à appliquer les règles d'une société malade, faut-il s'étonner de le devenir en retour?
CQFD.
Et perso j'ai choisi mon camp! et toi ?
Note : en tout cas, moi ça m'a vachement inspiré ce burnout... Il m'a fait retrouver l'envie de vivre avec mon âme d'enfant !
Bisous


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